Nous revoilà sur notre vélo ! Plaisirs et courbatures !

Le vent nous accompagne sur certaines étapes, le soleil surtout, les routes plates sont rares ; les cotes se font ressentir mais on ne lâche pas ! (on pousse parfois mais c'est surtout pour reposer nos fessiers!).

Les marocains sont moins fous du volant que l'on pensait même si par moment quelques dépassements osés nous font serrer les "dents". On nous klaxonne beaucoup mais c'est souvent pour un coucou, un pouce en l'air, des bravos, bon courage et compagnie. Quelques rires aussi quand ils nous voient passer devant eux ! Beaucoup d'encouragements !

Quelques tranches de vie de notre voyage :

Fin d'après midi, nous commençons à fatiguer, il va falloir trouver où dormir (coin paumé tranquille ou sinon on demande à l'habitant de planter la tente à côté de chez eux). On voit au milieu de nul part un lieu de vente de tapis et de tente berbère. Un panneau « thé café ». On s'arrête pensant déjà prendre un thé pour reprendre de l'énergie. Le gars vient nous voir et nous dit direct « mais vous pouvez rester là pour dormir ». On passera la nuit dans le magasin de tapis … on offrira le repas (couscous improvisé et pâtisseries marocaines … nos sacoches sont parfois lourdes mais on y trouve de bons trésors!)

Un vendredi, on s'arrête dans un chemin perpendiculaire à notre route et on commence à s'installer pour le pique nique. Alors que nous épluchons nos quelques crudités, une femme arrive et nous parle en marocain. Après quelques gestes nous comprenons qu'elle veut que nous venions manger chez elle. Un peu gêné, on termine par la suivre et nous voilà installé sur les coussins de sa salle (petite salle qui fait salon, chambre, cuisine …). Le thé est servi puis le couscous du vendredi ! Quelques personnes se joignent à nous. Personne ne parle français. La langue des gestes est le moyen de communication ! Après manger, un peu de percussion (Martin se fera un plaisir de faire le pitre et de danser au milieu de tout le monde), puis nous reprenons la route en se disant que c'est dans ses moments là que nous apprécions le voyage à vélo. S'arrêter au milieu de nul part et vivre les instants qui s'offrent à nous ...

Un autre jour, les paysages sont magnifiques (on longe la côte). On se pose et on échange sur le voyage, nos impressions, nos satisfactions et déceptions, notre fatigue … On prend la décision de ne pas tarder à se poser mais le paysages est pentu, désert et sans vie … On continue. Après quelques kilomètres, un village. La première personne nous dit que l'on ne peut pas rester et qu'il y a des lieux pour touristes à 50 km derrière nous ou 20 km devant. On décide d'insister et on entre dans le village. On s'arrête à la première maison, un homme au loin crie « non » et nous interpelle. Stéphane va à sa rencontre pendant que Sara reste (une femme est sortie de la maison). Le monsieur est sec et fait comprendre que l'on ne trouvera pas ce que l'on veut. La femme, elle, propose le thé … avec pain, huile d'olive, olives, amandes, beurre, confiture … On se pose et les premiers échanges se font autour du thé (personne ne parle français … ou autant que nous l'arabe …). Une mamie vient nous demander de la pommade pour son dos avec une certaine insistance, l'homme du début est toujours un peu sec, la femme est souriante et au petit soin. Avec gestes et rires, on essaye de communiquer … Quelques enfants arrivent et jouent avec Martin, d'autres personnes se joignent à nous … Après quelques tentatives, on arrive à faire comprendre que l'on souhaite planter notre tente dans les environs … pas question ! Vous dormirez dans la maison ! (l'étage n'est pas encore terminé mais c'est grand luxe pour nous!). On sort nos légumes et on fait comprendre que l'on veut partager le repas avec eux … On mangera un énorme tajine, une douzaine autour, les enfants qui jouent, les personnes qui veulent nous faire visiter leur maison … On ne se comprend pas toujours mais cela permet de bien rire ! Une fille parle un peu français et nous aide (notamment à légender en arabe phonétique l'imagier de Martin). On passera une excellente soirée, nuit et petit déjeuner chez Saïd et Saadia. Le départ le lendemain matin est presque difficile (Saadia veut que l'on reste 3 jours … puis veut venir avec nous mais dans la remorque de Martin …). Nous avons eu encore une fois un accueil exceptionnel avec une générosité et une sincérité... On prend quelques leçons de vie … Sommes-nous trop riches pour être vraiment généreux ?

Un autre jour, nous souhaitons nous arrêter mais rien : les habitants ne veulent pas (le lieu ne se prêtait pas bien à poser la tente devant chez eux) … nous avions lu qu'en dernier recours il était possible d'aller voir « la brigade » (poste de police ou gendarmerie). La nuit commence à tomber et il ne fait pas bon de rester sur la route … Un panneau « gendarmerie royale » … on le suit et on demande … après un interrogatoire avec passeport nous voilà pouvant camper dans le petit espace vert devant …

Un garçon a montré ses cahiers d'école … leçon du jour à recopier « La maîtresse a de grandes compétences. Armée de patience, elle est toujours à la recherche de nouvelles méthodes ». Original comme leçon de français !

Nous voilà maintenant à Casablanca … nous avons dépassé nos 2000 km … nous faisons une halte de plusieurs jours sur Casa puis nous continuerons notre périple en vélo mais aussi peut être avec un train (il faut que l'on étudie les dénivelés …).

Prenez soin de vous tous ! On pense souvent à vous !!!!!

Des photos à venir ...

et en attendant voici le lien d'un article et vidéo d'un média marocain (mazagan 24)

http://www.mazagan24.com/2016/10/26/du-jamais-vuun-enfant-de-17-mois-fait-la-france-et-le-maroc-a-velo/